Je vais être direct, parce que c’est le genre de fiche où tourner autour du pot ne rend service à personne. Le homfan 1/2 HP noir est bien fabriqué, il est commandé d’une façon que j’apprécie vraiment, et il coûte plus cher que six appareils du comparatif qui broient une fois et demie plus fort. C’est tout le problème.
Mon avis : je ne le prends pas, sauf pour une raison précise, celle de son bouton. À 96,52 €, ses 373 W et ses 2 étages de broyage le placent sous la médiane du tableau sur les deux chiffres qui décident du travail réel. En face, sa chambre inox et sa note de 7,5 en construction sont solides. Ça fait un appareil bien fait pour un usage léger, vendu au prix d’un appareil costaud.
Le poussoir à air change la pose, et presque personne n’en parle
C’est sa singularité et je commence par là. La mise en marche ne passe pas par un interrupteur mural : un bouton pneumatique s’encastre dans le plan de travail, à portée de main au-dessus de l’évier, et une impulsion d’air commande l’appareil sous la bonde. Tu appuies avec les doigts mouillés, sans jamais toucher un contact électrique.
Sur un chantier, ça règle un vrai casse-tête. Poser un interrupteur pour broyeur alimentaire sous évier oblige souvent à saigner une crédence carrelée ou à ajouter une boîte visible sur un flanc de meuble, et le client trouve ça laid dès la fin du chantier. Le poussoir, lui, se pose dans un perçage discret et se fond dans le plan.
Encore faut-il l’avoir, ce trou. Si un distributeur de savon ou une douchette a été déposé, tu récupères l’emplacement et l’affaire est réglée avant le café. S’il faut percer un plan en quartz ou en granit, tu appelles quelqu’un d’équipé, et le coût de la pose grimpe d’un coup. Regarde ton plan de travail avant de valider le panier.
373 W et 2 étages, les deux chiffres qui coincent
Voilà la réserve, et elle est double. La puissance médiane des trente-deux appareils qui l’annoncent est à 560 W ; le homfan en donne 373. Sur les neuf modèles qui déclarent un nombre d’étages de broyage, la médiane est à 3 ; celui-ci en compte 2. Sa note de broyage tombe à 1,5 sur 10, et ce n’est pas une coquille.
Ce qui rend cette faiblesse difficile à défendre, c’est le prix. Le VEVOR JWM-V50 sort 560 W pour 87,90 €, soit 8,62 € de moins. Le VEVOR JW-V50 fait pareil à 88,90 €. Le czyuRachel 560 W 1,4 L annonce la même puissance et une chambre plus généreuse pour 89,88 €. Et la liste ne s’arrête pas là : le Tenddya EM200 à 82,12 €, le Treeisland 560 W 1,2 L noir à 83,80 € et le Caskunbsy 560 W 3400 tr/min à 87,72 € en font autant. Six appareils moins chers et nettement plus costauds, dans le même rayon.
Et si tu montes de 8,38 €, le VEVOR JW-731 met 746 W sur la table pour 104,90 €. Là, on ne compare plus les mêmes objets. Bon, je ne vais pas faire semblant : sur le seul critère du broyage, le homfan est doublé de tous les côtés.
L’inox de la chambre, et 7,5 sur 10 en construction
Sa revanche est là, et elle est réelle. Le système de broyage est annoncé en inox, ce qui n’est pas donné à tout ce qui se vend sous 100 €, et sa note de construction monte à 7,5. Pour situer, le Caskunbsy 560 W du comparatif, moins cher, plafonne à 3 sur ce même critère.
Ça se traduit par quoi, sous un évier ? Par une pièce qui vit en permanence dans l’eau, le gras et les acides d’épluchures. C’est l’endroit où une pièce bas de gamme se pique, puis s’entartre, puis coince. L’inox n’empêche pas tout, mais il repousse sérieusement l’échéance, et sur ce point le homfan tient un vrai argument.
L’alimentation continue va dans le même sens : tu verses au fil de l’eau, sans avoir à charger la chambre puis à la verrouiller comme sur les appareils à alimentation par lots.
Celui-là démarre sur une prise française
Un mot qui vaut de l’argent, parce que le piège existe et qu’il coûte cher. Plusieurs broyeurs proposés sur les places de marché sont des machines conçues pour le 120 V américain : elles arrivent, elles ne démarrent pas, et le retour est à ta charge. Le comparatif les a écartées d’entrée pour cette raison.
Le homfan y a survécu, et c’est une case de moins à vérifier de ton côté.
Deux profils à qui il va, un à qui il ne va pas
Il va d’abord à qui veut ce bouton pneumatique et qui a déjà le trou pour l’accueillir. Sur une cuisine refaite récemment, avec un plan propre qu’on ne veut pas défigurer par un interrupteur, c’est un argument suffisant à lui seul. Il va ensuite à un foyer d’une ou deux personnes, qui broie des épluchures de légumes et du marc, pas des restes de repas complets tous les soirs. Cet usage-là, ses 373 W le tiennent sans se plaindre.
Il ne va pas à une famille qui cuisine sérieusement. Si tu broies tous les jours, tu vas sentir la limite dès le premier trognon coriace, et tu auras payé plus cher qu’un appareil qui l’aurait avalé. Dans ce cas, prends le VEVOR JW-731 et n’y pense plus.
Le seul cas où je signe
Je regarderais mon plan de travail. S’il y a déjà un trou libre et que mon usage est léger, j’achèterais le homfan sans état d’âme : bien construit, propre à installer, agréable à utiliser au quotidien.
Dans tous les autres cas, non. À 96,52 €, il se fait dépasser sur le broyage par des appareils qui coûtent jusqu’à 14,40 € de moins, et un broyeur de cuisine qui peine finit par agacer plus qu’il ne sert. Ma conviction n’est pas contredite ici : on paie la chambre de broyage, pas les watts. Le hic, c’est qu’à ce tarif-là, on pouvait avoir les deux.