Neuf broyeurs sur dix se commandent au même endroit : un interrupteur au fond du
meuble, ou un poussoir qu’il faut percer dans le plan de travail. Celui-ci
propose autre chose, un bouton radio que tu colles où tu veux dans la cuisine.
Ça a l’air d’un gadget de fiche produit. Ce n’en est pas un.
Le reste suit plutôt bien : chambre de 1,2 L en inox, 560 W, isolation phonique,
et un broyage annoncé en 6 étages, sans lame, le seul du comparatif à monter
aussi haut. Mon avis tient en deux temps. C’est une machine bien équipée pour ce
qu’elle est, et le vendeur pose une condition d’installation qui en écarte
beaucoup de cuisines françaises. Lis la section sur l’évier avant de commander,
c’est celle qui compte.
Un bouton radio qu’on colle où on veut, et ça résout un vrai problème
Je pose des cuisines depuis dix-neuf ans, et la commande d’un broyeur est un
sujet qui revient à chaque chantier. Le poussoir pneumatique impose un trou dans
le plan de travail, ce qu’on ne fait pas de gaieté de cœur dans un stratifié
neuf, encore moins dans un granit. L’interrupteur mural impose de tirer une
ligne. Et l’interrupteur au fond du meuble, celui qu’on trouve sur les modèles
les moins chers, oblige à ouvrir la porte et à tâtonner derrière la poubelle de
tri.
Le bouton radio balaie les trois. Tu le colles sur le carrelage à hauteur de
main, sur le flanc d’un meuble haut, sur le retour de plan près de l’évier. Tu
peux même le déplacer six mois plus tard si tu t’aperçois qu’il est mal placé,
ce qu’aucune des deux autres solutions n’autorise. Pour une cuisine déjà finie,
où l’on installe un broyeur après coup, c’est le montage le plus propre que je
connaisse.
6 étages de broyage, le seul du comparatif, et voilà ce que ça veut dire
Sur les 9 modèles du catalogue qui déclarent un nombre d’étages, la médiane est
de 3. Celui-ci annonce 6. Personne d’autre n’approche.
Un mot sur ce que ça change vraiment, parce que le chiffre est vendeur et qu’il
mérite d’être traduit. Multiplier les étages, c’est repasser la matière
plusieurs fois avant qu’elle ne parte au tuyau : la mouture sort plus fine, elle
se dépose moins dans le coude d’évacuation, et c’est l’évacuation qui pose
problème dans les vieilles maisons, pas le broyage. Chez moi, en Bretagne, sur
des installations des années 80 avec des pentes molles, c’est un argument
sérieux.
Ce que ça ne dit pas : rien sur la solidité, rien sur la durée. Six étages sur
un appareil fragile ne font pas un appareil qui dure. Ce qui me rassure
davantage ici, c’est que la chambre soit en inox, avec 1,2 L de contenance
quand la médiane du comparatif est à 1,12 L, et 560 W qui sont exactement la
puissance médiane du catalogue. Le broyage sans lame, lui, est le principe
normal de ces machines : ce sont des marteaux qui projettent la matière contre
une couronne, pas des couteaux.
Éviers en inox seulement, et cette ligne élimine des cuisines entières
Voilà ma réserve, et elle est plus lourde qu’un écart de watts. Le vendeur
réserve le montage aux éviers en inox.
Regarde ce que ça exclut. La céramique, la résine, le granit reconstitué,
c’est-à-dire une bonne partie de ce que j’ai posé ces dix dernières années dans
les cuisines neuves. Ce sont des cuves plus épaisses, dont le percement de bonde
et l’appui autour du trou ne se comportent pas comme une tôle inox de deux
millimètres. Quand un fabricant restreint son montage de cette façon, il a une
raison, et je ne conseille à personne de passer outre pour voir.
Donc la première chose à faire n’est pas de comparer les fiches. C’est d’aller
appuyer sur ta cuve avec l’ongle et de savoir de quoi elle est faite. La place
sous l’évier décide avant la puissance, et la matière de l’évier décide avant
tout le reste sur celui-là.
Qui peut l’acheter les yeux fermés, qui doit passer son chemin
Il est fait pour toi si tu as un évier en inox, une cuisine déjà terminée que tu
ne veux pas percer, et une évacuation ancienne dont tu te méfies. Ce trio-là,
c’est son terrain, et il n’a pas de concurrent direct dans le
comparatif sur la commande sans fil.
Passe ton chemin si ta cuve est en céramique ou en résine. Dans ce cas, deux
autres 1,2 L font le travail sans cette restriction : le SAHKGYE 560 W 1200 ml
et ses 3 étages, à 378,78 €, ou le BLANCO FWD Max qui monte à 750 W avec 60 dB
annoncés, pour 518,90 €. Et si le budget est le premier critère, le Treeisland
560 W 1,2 L noir tient la même contenance pour 83,80 €, avec une chambre en
nylon au lieu de l’inox. C’est un vrai écart de matière, pas un détail de
finition.
Une bonne machine pour une cuisine déjà équipée en inox
Bon. Je l’aime bien, celui-là, et ce n’est pas pour ses 6 étages. C’est pour la
manière dont il s’installe : un appareil de place de marché qui a réglé le seul
point que les grandes marques laissent traîner depuis vingt ans, la commande.
Vérifie ta cuve, et si elle est en inox, il n’y a pas grand-chose à lui
reprocher : la contenance est au-dessus de la médiane, la chambre est dans la
bonne matière, l’isolation est là. Si elle ne l’est pas, ne force pas, prends un
des trois autres.